|
Je
me souviens de la grande époque du veau aux hormones, et de nos cousins
de la campagne (ainsi dénommait-on tous ceux qui avaient une activité
agricole), qui à la grande époque du veau aux hormones, nous
proposaient d'acheter du veau élevé sans louzous, c'est à
dire sans médicament. Les choses ont un peu changé, beaucoup
d'abus sont ont été réprimés, et c'est tant mieux, vu que ce sont
les français les plus gros mangeurs de veau d'Europe (6 kg par an et
par personne). N'empêche que l'escalope qui se transforme en mare d'eau
dans la poêle reste courante, et qu'il faut savoir choisir.... J'ai
un gros faible pour le veau élevé sous la mère, comme les corréziens
et d'autres savent si bien le faire, mais selon les technocrates de
Bruxelles, ce serait une façon cruelle de les élever. J'aimerais
qu'ils aient la même sensiblerie pour les poulets de batterie et autres
saumons (et oui!), avant de vouloir une nouvelle fois battre en brèche
un mode d'élevage traditionnel, sans doute insupportable aux lobbies
industriels. Je ne dédaigne pas non plus un veau qui a déjà mangé de
la tendre herbe de printemps, et tant pis si cela a un peu rougi sa
viande...
|
|
Les
Recettes
Pour commencer, une recette de ris de veau pour célébrer le retour de
ce précieux abat blanc sur nos étals, longtemps interdit puis
délaissé en raison de la crise de la vache folle : -
Croustillant de ris de veau en brochette de citronnelle, beurre à l’Antésite
anisé Ingrédients
pour quatre personnes : 150 à 200g de noix de ris de veau par
personne, 4 bulbes de citronnelle avec leurs tiges, jeunes fèves fraîches,
farine, huile, beurre, sel, poivre, vin blanc de sauvignon, Antésite à
l’anis. Pour la garniture : feuilles de roquette et pommes de
terre nouvelles (que l'on peut remplacer par des salsifis glacés ou de simples asperges vertes cuites à la
vapeur. Recette
: Éplucher les petites fèves, y compris la pellicule qui entoure
chaque graine. Séparer les plus gros grains en deux. Il en faut une
grosse poignée au final. Réserver dans un peu d’eau. Les ris de veau
chez mon tripier sont suffisamment blancs et parés pour se dispenser
d’un dégorgement et d’une mise sous presse avant préparation. Je
me contente d’ôter les morceaux de graisse dure qui pourraient
subsister, et la fine membrane qui les entoure, autant que possible. Les
couper en cubes de 40 à 50g chacun. Les enfiler sur les tiges de
citronnelles, débarrassées de leur couche extérieure coriace et peu
parfumée. Fariner sans excès. Dans un mélange d’huile et de beurre,
poêler ces brochettes à feu assez vif, le temps qu’elles soient bien
dorées, et cuites sans excès. Compter environ 7-8 minutes. A ce stade,
les réserver au chaud (four à 80°). Vider
une grande partie de la graisse contenue dans la poêle, surtout si elle
a bruni durant la cuisson, ce qui est souvent le cas si on met trop de
farine. Déglacer avec le vin blanc de Sauvignon, et ajouter du beurre
froid coupé en petits morceaux, et chauffer en lissant cette sauce.
Ajouter quelques gouttes d’Antésite* à l’anis (4 ou 5 suffisent
pour parfumer, goûter!), et juste avant de servir, les petites fèves
égouttées qui ne doivent pas cuire, mais juste tiédir. Dresser en
assiette la brochette de ris de veau arrosée du beurre au fèves, avec
en garniture une ou deux pommes de terre nouvelles et un buisson de
jeune roquette, non assaisonnée.
*
Tout le monde n'apprécie pas l'Antésite, on peut en ce cas faire une
petit bouillon où on infuse de la citronnelle et un peu de feuilles de
combava, le filtrer puis le monter au beurre au moment de servir.

-
Cote de veau à l'épine vinette Ingrédients
: Une cote de veau épaisse, quelques herbes et épices (voir recette),
crème fraîche, baies d'épine vinette. Recette
: Frotter la cote de veau avec un peu d'un mélange d'herbes et
d'épices (marjolaine, sauge, poivre; poivre de la Jamaïque , cucubé (ou
poivre à queue), et sumac, cette dernière pour préparer l'acidité de
l'épine vinette). Laisser reposer une heure au moins. Saisir
vivement la cote dans du beurre à la poêle, et la cuire à feu doux
jusqu'à la tenir rosée-nacrée à cœur. La réserver au chaud (four
80°). Déglacer la poêle à l'eau, verser une cuiller à soupe rase de
baie d'épine-vinette, puis une belle cuiller à soupe de crème
fraîche épaisse. Faire chauffer doucement en ajoutant un peu de piment
d'Espelette, un peu de quatre-épices ou mieux, du poivre de la
Jamaïque moulu, saler. Découper la cote et
présenter avec cette sauce en saucière. Note
: Cela parait faire beaucoup d'épices, mais il faut les utiliser avec
parcimonie. Vous pouvez travailler avec des mélanges moins complexes,
çà ne changera pas le fondamental de la recette qui est l'opposition
entre la douceur du veau et de la crème, et l'acidité fruitée de
l'épine vinette.
|